Titre du projet

« Présence de résidus médicamenteux dans la Têt, principaux enjeux pour la biodiversité »

Projet financé par l’UPVD

Porteur de Projet

Dr. Carmen Palacios Contact
MCF fixe : 0468662083

Centre de Formation et de Recherche sur les Environnements méditerranéens (CEFREM)

UMR 5110 CNRS-UPVD

portable : 0686627825
   

L’Europe est le 2ème consommateur au monde de médicaments, la France occupant le 4ème rang mondial. Les résidus médicamenteux sont excrétés par l’Homme ou le bétail puis relargués, soit dans le réseau d’eaux usées, soit sur les sols par le bétail ou lors de l’épandage agricole des boues de stations d’épuration, avant de se retrouver dans les eaux continentales via le ruissellement des eaux pluviales. L’Agence Européenne de l’Environnement, la communauté scientifique et le public en général s’interrogent sur la présence dans les milieux aquatiques de résidus de médicaments puisque leur présence entraîne une toxicité pour les écosystèmes du continuum terre - mer et s’infiltre également dans les nappes phréatiques, arrivant ainsi aux eaux domestiques. Dans ce projet le laboratoire du CEFREM de l’Université de Perpignan s’est intéressé à la présence des résidus médicamenteux dans la Têt, fleuve principal des Pyrénées Orientales. Une sélection de produits pharmaceutiques analgésiques, antiépileptiques et antidépresseurs d’utilisation courante a été analysée par le laboratoire CHROME de l’Université de Nîmes. Les suivis ont été réalisés lors des périodes d’étiages et de crues sur plusieurs sites repartis de la vallée du Conflent à la plaine de Roussillon et jusqu’à l’embouchure, en passant par la ville de Perpignan, en amont et en aval de sa station d’épuration. Les résidus médicamenteux peuvent s’accumuler dans le lit des cours d’eau ou bien être directement transférés en mer. Lors des périodes d’étiage d’été typiques du climat Méditerranéen, les contaminants issus des activités humaines tendent à se concentrer dans les rivières car la ressource en eau diminue par évapotranspiration. Les résultats issus de ce projet ont pu démontrer une augmentation importante de la concentration des produits pharmaceutiques dans les eaux lors de l’étiage d’été sur certains sites de la plaine de Roussillon. De façon plus significative, cette étude a pu démontrer pour la première fois une augmentation brutale des concentrations en résidus médicamenteux dans l’eau de la Têt qui coïncide avec le débordement des déversoirs d’orage du réseau hydraulique unitaire de Perpignan lors de pluies intenses. Ces résultats, mis en relation avec la récurrence des phénomènes pluvieux extrêmes en Méditerranée, suggèrent une présence des résidus médicamenteux dans nos rivières beaucoup plus importante que ce que laissaient entrevoir des études déjà publiées sur le sujet. Les changements climatiques à venir risquent même d’intensifier les épisodes d’étiages et de crues, et par là même d’augmenter la présence de ces résidus dans nos écosystèmes aquatiques côtiers avec des conséquences néfastes pour l’environnement. La solution pour remédier au problème à Perpignan serait de faire évoluer le réseau unitaire de Perpignan en un réseau séparatif  : une partie du réseau achemine les eaux pluviales tandis que l’autre véhicule les eaux usées.

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