Dans la publication de Nature Communications : 

Leblanc K., B. Quéguiner, F. Diaz, V. Cornet, M. Michel-Rodriguez, X. Durrieu de Madron, C. Bowler, S. Malviya, M. Thyssen, G. Grégori, M. Rembauville, O. Grosso, J. Poulain, C.de Vargas, M. Pujo-Pay, and P. Conan (2018) Nanoplanktonic diatoms are globally overlooked but play a role in spring blooms and carbon export. Nature Communications, 9:953. doi: 10.1038/s41467-018-03376-9

ont montré qu'existe des diatomées de taille pico- à nano-planctonique (<2 à 5 µm) capables de former des floraisons planctoniques importantes et de contribuer significativement à la biomasse produite malgré leur petite taille en lieu et place des diatomées coloniales de grande taille habituellement observées.

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Les diatomées Minidiscus comicus (gauche) et Minidiscus trioculatus (droite) identifiées en microscopie électronique à balayage. Barre d'échelle 1 µm.

Les diatomées sont l'un des principaux groupes de producteurs primaires des océans, responsables chaque année de ~ 20% du CO2 fixé par photosynthèse sur Terre. Dans les modèles biogéochimiques, elles sont généralement représentées comme appartenant au microphytoplancton de grande taille (> 20 μm), qui est la seule classe de taille reliée au cycle du silicium.

Cependant, de nombreuses diatomées font partie du nanophytoplancton (2-20 μm) et quelques genres chevauchent même la classe de taille picoplanctonique (<2 μm). En raison des difficultés à les détecter par les méthodes classiques d’observation et d’échantillonnage, celles-ci sont très mal caractérisées.

Le CEFREM a collaboré à une étude dirigée par l’Institut Méditerranéen d’Océanographie de marseille (MIO), qui a mis en évidence une floraison printanière massive de la plus petite diatomée connue (Minidiscus) dans le nord-ouest de la Méditerranée au cours du programme DEWEX (MERMEX).

L'analyse conjointe des données de métagénomique du programme TARA OCEANS, ainsi que la revue de la littérature, révèlent une présence significative de ces petites diatomées à l'échelle mondiale, largement sous-estimée jusqu’à présent.

Cette étude a également démontré grâce à des données de pièges à particules collectées en parallèle de DEWEX par le programme MOOSE que ces diatomées de très petites tailles (2-5 µm) peuvent atteindre une profondeur de 2400 m à des vitesses élevées sous forme d’agrégats. Ces résultats modulent la vision classique que seul le microphytoplancton soutient la production des niveaux trophiques secondaires et l’exportation de carbone vers les eaux profondes tandis ce que les cellules pico- et nanoplanctoniques non siliceuses alimentent la boucle microbienne.

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